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Stratégies de développement du secteur des TICs

Le Chef de l’Etat, SEM Alassane OUATTARA a clairement indiqué sa vision et présenté son ambition pour notre pays, celle d’en faire un pays émergent à l’horizon 2020. Cette ambition, que les Ivoiriens se sont appropriés complètement aujourd’hui, constitue la trame, la colonne vertébrale de l’action du Gouvernement du Premier Ministre Daniel Kablan DUNCAN. Au cours des quatre dernières années, cette action s’est exécutée autour d’un certain nombre d’axes prioritaires afin de mieux prendre en compte les besoins immédiats des Ivoiriens, tout en ne perdant pas de vue cette ambition forte d’émergence en 2020. Bien entendu, les nombreuses actions engagées dans le cadre du développement du secteur des TIC sont parfaitement en cohérence avec cette vision globale mise en œuvre par le Gouvernement.

 

Il y a quelques décennies, on parlait du Ministère des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones) et les questions liées à l’informatique relevaient opérationnellement d’un tout autre domaine de compétence. En Côte d’Ivoire, nous avons même connu un ministère en charge de l’informatisation.

Par la suite, les Télécommunications vont intégrer la Numérisation au coeur de leurs processus, ce qui est à la base de la nouvelle révolution que connait notre monde et qui a mis le secteur des TIC au coeur des principales mutations technologiques opérées depuis plusieurs décennies.

Ensuite est survenu le big-bang dû au croisement entre les Télécommunications et l’Informatique, qui a prolongé les changements précédents et rendu presque infinie la chaîne du possible avec les TIC.

Ainsi, avec la convergence des métiers de l’informatique et des Télécommunications, on a d’abord, il y a une vingtaine d’années parlé des NTIC, puis des TIC.

Une économie à part entière s’est créée, dont les ressorts sont endogènes, mais qui est en parfaite interaction avec l’économie traditionnelle, dont elle est devenue un facteur d’accélération.

C’est à ce niveau que le basculement se fait des TIC vers ‘’l’économie numérique’’. Cette dernière va au-delà des infrastructures, donc des moyens utilisés, pour davantage mettre l’accent sur la finalité visée, sur les services rendus, sur les emplois créés, sur les richesses supplémentaires produites...

Ce changement de dénomination atteste également d’un niveau de maturité du secteur plus élevé, qui permet de travailler plus en profondeur sur les services permis par les « infrastructures TIC ».

Conscient du rôle moteur que peut jouer l’économie numérique dans la réalisation de l’ambition du Président de la République de faire de la Côte d’Ivoire un Pays émergent à l’horizon 2020, le Gouvernement a décidé de faire de ces technologies un axe majeur du développement

 

Dès les débuts de notre Mission au Gouvernent en 2011, nous avons fait 

savoir « que le Gouvernement avait l’ambition de bâtir en Côte d’Ivoire (à l’époque), les piliers en vue du fondement d’une Economie Numérique inclusive, porteuse de valeurs, de richesses et de Savoir ».

4 ans après, nous allons petit à petit vers l’atteinte de cet objectif. Des progrès significatifs sont en effet enregistrés dans un grand nombre de domaines :

  • l’accès à l’usage d’un téléphone fait désormais parti du quotidien de tous les ivoiriens. Cela est matérialisé par les abonnements aux services de télécommunications mobiles qui sont passés de 16 millions en fin 2011 à 25 millions en 2015 ;
  • l’accès internet enregistre plus de 8 millions d’abonnements en fin 2015, alors que ce nombre n’excédait pas 200 mille en fin 2011. Cette croissance forte a été rendue possible par les services de mobilité et notamment par le lancement en 2013 de la 3G ;
  • le succès du Mobile Money, qui permet une plus grande inclusion financière. Ce service enregistre à ce jour en Côte d’Ivoire plus de 8 millions d’utilisateurs et environ 15 milliards de FCFA de transactions journalières ;

Nous pouvons également mentionner l’éclosion de nouveaux métiers générateurs de valeurs et d’emplois, tels que le commerce électronique, le paiement mobile, l’infogérance, la production d’applicatifs informatiques, la production audiovisuelle, la sécurité informatique, etc.

Au total, l’objectif ultime que vise le Ministère chargé de l’Economie Numérique, consiste à mettre l’ensemble du secteur en capacité de donner une plus forte impulsion à la croissance économique, au développement, à la modernisation de notre pays et au bien-être des populations, en nous appuyant sur les solutions les

Plus concrètement, la politique que nous mettons en oeuvre vise à permettre à la Côte d’Ivoire de disposer à court et moyen termes, de services TIC compétitifs et accessibles au plus grand nombre de citoyens, et sur un terme plus long, de bâtir les fondamentaux d’une Economie Numérique porteuse de valeurs, tout cela à travers;

a. une réglementation en adéquation avec les enjeux de développement de notre Pays (dynamisante et qui donne confiance) ;

b. une offre abondante en réseaux large bande et en services de contenus locaux;

c. la vulgarisation des outils et services TIC, et de l’Internet en particulier, par l’appropriation, tant par les citoyens que par l’Administration publique, de ces technologies ;

d. l’émergence et le développement de nouvelles activités, créatrice de richesses, et génératrices d’emplois nouveaux et l’incitation au développement de contenus locaux profitables aux populations ;

e. un plan ambitieux de formation et de développement d’une expertise nationale en matière de TIC.

Au cours des années 2016/2020, les enjeux de développement de l’économie numérique en Côte d’Ivoire nous ont conduits à la fixation des objectifs opérationnels suivants, qui baliseront notre marche au cours des prochaines années :

  • assurer une couverture de près de 100% de la population ivoirienne en services de téléphonie, avant fin 2020 ;
  • porter le taux de couverture data/internet à plus de 90% de la population à cette même échéance (2020) ;
  • porter le taux de pénétration de l’accès haut débit à près de 50 % en 2020 ;
  • fournir en ligne aux citoyens Ivoiriens, à travers le programme de gouvernance électronique de l’Etat (eGouv), environ 300 services informationnels et plus d’une centaine de services transactionnels (en 2020);

Ce plan comprend la mise en oeuvre, en étroite collaboration avec les ministères sectoriels, qui doivent être pleinement parties prenantes du projet, d’un plan de numérisation des processus de production et d’offres de services de l’ensemble de notre Administration.

Pour permettre à chacun ici de mieux mesurer le parcours à réaliser, nous nous sommes fixés trois bornes, trois buts ultimes, trois cibles à viser à moyen et long terme :

  • il s’agit premièrement de la mise en oeuvre de l’identifiant unique, qui simplifiera le suivi administratif et l’offre de services aux citoyens ivoiriens ;
  • partant du principe que l’Ivoirien Nouveau est forcement Numérique, nous devons chacun à son niveau nous efforcer de parvenir à l’objectif du « Zéro papier » dans la gestion de nos processus, ce qui consistera pour l’Administration 
  • Publique à dématérialiser la (presque) totalité de ses processus de production et de fourniture de services aux populations ;
  • enfin disposer d’un cyber espace de sécurité accrue et de confiance.

Créer au moins 150.000 emplois nouveaux (directs et indirects) dans le secteur d’ici 2020, à travers les nouveaux métiers rendus possibles par les TIC (centres d’appels, commerce électronique, mobile money, infogérance et sous-traitance internationale, développement d’applicatifs, production de contenus, montage d’équipements, formation et assistance aux utilisateurs, construction et maintenance de réseaux, cyber sécurité, etc.).

Nous pouvons ajouter à ces objectifs chiffrés les ambitions ci-après :

  • un développement accru de la gouvernance électronique de l’Etat, à travers une plus grande disponibilité des services en ligne dans tous les domaines (Education, Santé, Etat civil, Agriculture, Justice, Finances, etc.) ;
  • la mise en oeuvre de mécanismes d’encouragement et d’incitation des jeunes à l’innovation pour plus de création de valeurs (centre d’incubation, avec accompagnement technique, administratif, financier…) ;
  • le renforcement des actions en matière de sécurité numérique, par le contrôle de l’effectivité de la mise en oeuvre du décret de 2012 relatif aux modalités d’identification des utilisateurs des réseaux de communication électronique,
  • la mise en oeuvre effective de l’IPV6 et des adresses statiques au niveau de la fourniture du service internet ;
  • la consolidation du marché de la téléphonie mobile autour d’un maximum de 4 opérateurs (marché plus concurrentiel, services de meilleure qualité, accroissement des capacités des acteurs…);
  • enfin, tous nous travaillerons à rendre nos politiques de régulation plus efficientes pour un fonctionnement plus optimisé du marché de l’offre de services TIC.

Il convient de noter qu’au cours des 2 derniers mois, nous avons procédé au renouvellement des licences des principaux opérateurs de services de télécommunications dans un climat de confiance avec les acteurs, toute chose qui atteste que notre économie est porteuse d’espoir pour l’ensemble des investisseurs.

L’ensemble de cette politique et des actions à mener dans le secteur à partir de 2016, seront encadrées par une loi d’orientation générale sur les TIC et le développement de l’économie numérique